11 juin 2009
Il y a avant,pendant,après!
Il y a avant,il y a pendant,il y a après.Parfois,on a trois jours pour se faire à l'idée de l'absence.Ou ne pas s'y faire..Un message arrive,un ordre,et on vous l'enlève.On l'attend ailleurs,et c'est comme ça.D'autres fois,on vous encombre pendant des semaines ou des mois avec cette idée,qu'il va vous quitter.C'est comme une pollution,un peu sournoise,une épée de Damoclès au dessus de votre tête,qui rend tout un peu lourd.Parce que vous avez du temps,oui,pour apprivoiser ce vide,pour vous organiser,pour laisser le moins de place à l'imprévu ,mais cela donne un gôut un peu amer à toutes choses.Il y a ce compte à rebours dans votre tête,ce tic-tac horripilant,cette envie paradoxale de savourer chaque moment,et de tout accélérer aussi,pour en finir...parce que LUI,il est là,sans être là.Il est déjà un peu là-bas,il se déconnecte peu à peu,en remplissant ses sacs kakis,en cirant ses rangers,en triant son matériel encombrant.D'ailleurs,vous ne supportez plus de voir cette montagne de sacs,et quand vous entendez qu'il va "percevoir" encore autre chose,vous lui feriez presque avaler sa musette...Vous voulez savoir,un peu,mais pas trop...il vous livre par bribes quelques infos,mais vous préférez vous dire que de toutes façons,il y a plus de risques à traverser la rue d'en face que d'aller là-bas.
Juste avant le grand saut,il y a ces moments doux,ces souvenirs qu'on engrange,ces courtes vacances dont on profite ensemble de notre mieux,toutes ces choses qui sont meilleures tant on sait qu'elles nous manqueront.On a de la chance de pouvoir saisir au vol ces dernières joies,dont le seul souvenir suffira à insuffler des forces au cours des mois,comme une perfusion de bonheur,un goutte à goutte salvateur.Il y a cette soirée,ou on le voit accrocher au mur d'une chambre ,une carte du monde.On entend:"vous voyez,je serai là,je vais faire tout ce trajet en avion...".on l'entend parler de ce pays qu'il va découvrir,de ces gens,de ces enfants qui ont besoin d'aide,et qui méritent qu'on aille aussi loin des siens pour eux.Mais aussi de la menace,que certains seraient pour nous tous,si on laissait oeuvrer les méchants,en toute impunité..vous le savez bien,vos petits nains ont le coeur gros,mais ils seront forts et patients.Comme autant de petits soldats.Le grand saut est une souffrance,un noeud terrible à l'estomac...mais qui se dénoue très vite,car c'est aussi un soulagement,une délivrance.On vous confie la barre,et vous naviguerez 6 mois,avec vos 5 petits moussaillons sur le pont.Mais vous sentez que c'est bon de quitter enfin le rivage,d'entamer cette traversée,parce qu'enfin,vous regardez de l'autre côté.Le compte à rebours est différent,on tend désormais vers la fin!
il y a pendant...pour nous,deux mois étonnants.Le temps galope,le sablier s'écoule très vite.Un tiers déjà.Il y a cette liberté,pas désagréable,et un peu grisante,ce nouveau rythme de croisière,ces soucis qu'on parvient à évacuer,cette énergie qui vous étonne,ces petits coups de moins-bien,vite oubliés.Il y a ces efforts incroyables que peuvent faire vos enfants,et puis leurs réactions en chaine,toutes différentes,mais si légitimes.Il y a ce bloc que vous formez à 6,et que vous pensez invincible.Il y a surtout cette impression,ressentie à chaque départ,que vous n'êtes pas seule.Cette main de Marie posée sur votre épaule,qui fait route avec vous.Il y a ces amis qui vous soutiennent...ces petites choses discrètes,ces mots délicats,ces coups de main bien concrets...C'est pour eux que j'écris ce post,pour les en remercier.Car,il y aura un après...mais je n'oublierai jamais leur présence à nos côtés!
A mon "assistante personnelle",qui allège mon fardeau de mille façons,m'offre des roses et du bonheur de paladru,a ma binôme qui rigôôôle chaque jour avec moi devant un café allongé, parce que c'est bon pour la santé,a celle qui a bichonné ma fille comme si c'était la sienne pendant les vacances et les ponts interminables,à ma magali,présente le jour du grand saut pour pédaler au parc et chasser le chagrin,à mes cop's qui sont toujours là sur le banc du square jusqu'à la nuit tombée,celles d'ici,celles de levallois,avec leurs mails et coups de fil si gentils,aux inconnues qui prient pour nous et pour nos kakis,aux papas qui prêtent leur grosse voix pour l'élever qd il le faut,leurs pieds pour jouer au foot,à ce papa qui n'hésite pas à se mettre à l'eau pour faire plaisir à mes nains,à ma marseillaise chérie,à toutes celles qui me manifestent leur amitié et leur soutien depuis le début,et grâce auxquelles nous allons bien....
JE DIS UN GRAND MERCI....et je souhaite plein de courage a ces mamans qui vivent simultanément la même chose.
Commentaires
Beaucoup d'émotions dans ce post où l'on se retrouve toutes un peu... J'admire beaucoup les mamans de "tribu", parce qu'avec les deux miens j'ai parfois du mal à sortir la tête de l'eau et qu'il n'est pas facile de se (re)créer des amitiés au fil des déménagements. Bravo pour ces jolis mots!
C'est avec un grand plaisir ,que je lis vos lignes ,un grand merci pour les anonymes qui pensent aussi souvent à vous ,et se régalent de vous aventures ,toujours racontées avec beaucoup d'humour.
Laetitia
je connais bien ces situations alors bon courage pour tenir le cap à la tete de vos mousaillons. Mon homme kaki est là pour le moment alors je pense bien fort à toutes celles qui ne l'ont pas.
Tout est dit....L'épée de Damocles est au dessus de ma tête...On parlait d'un départ en juin, il sera finalement là pour les vacances...On profite, et malgré tout, on se dit qu'ils viendront, ces 6 mois si lourds...
Je pense fort à toi...même si je ne me manifeste pas...
Beaucoup d'émotion dans ce post, et qui me touche beaucoup. Je pense fort à toi et à tes enfants. j'ai vécu une période d'absences à répétition avec mon ex-mari, mais là, il n'y avait pas le danger en plus, il avait seulement repris ses études loin de nous. Tout gérer seule, cacher les coups de cafard afin de pouvoir "soigner" ceux des enfants, j'ai connu. C'est dur. On découpe sa vie en tranches, les tranches avec et les tranches sans celui qui est parti. Les enfants mûrissent plus vite que leurs copains, apprennent à se débrouiller, apprennent à percevoir aussi, principalement ce qu'on leur cache : la fatigue, les soucis, les coups de blues. J'ai connu la force que l'on doit montrer, et la fragilité à l'intérieur de l'armure.
Et toi, tu as en plus le danger auquel il ne faut pas trop penser !!!!
Je pense à toi, Frédérique, et à tes enfants. Du fond du coeur, je t'embrasse.
Merci pour ces maux qui décrivent si bien la situation et particulièrement pour cet avant que je n'arrive jamais à gérer! Bon courage pour le reste!
Je voulais dire ces mots!!! biensûr!
plein de pensées
plein de prières
un post très émouvant
PS si tu as envie un déjeuner chez ainsi font dans 15 jours
ton post est criant de vérité...
ici aussi il est parti pour 6 mois là-bas mais cela ne fait qu'une petite semaine...
Tu racontes si bien ce que l'on traverse et le soutien que l'on a...
merci pour ce joli post....
Ma tout belle,
Il est 6 h du matin et tu me fais commencée la journée avec les larmes aux yeux....
Vivement que je sois de retour en métropole pour te passer + de coups de fils.
Je t'embrasse affectueusement.
Magnifique ce poste...
J'ai vécu çà petite, en tant qu'enfant, puisque Papa, militaire partait aussi très souvent !!!
Et maintenant, différemment, mais mon petit frère est parti il y a 15 jours maintenant pour 6 mois également, donc ma belle-soeur et ses enfants est en plein dedans !!!
Bravo pour ce post, c'est tellement çà, je revois Maman qui ressentait exactement la même chose !!!
A Père Gigogne
Volées de rires au dessus de mon épaule alors que je lis péniblement la pensée du jour troublé par tant de débordements puis émotion intense à la lecture de ce texte. Père Gigogne, dans ton post il y a quelques jours, tu soulignais le talent d'écriture de ton épouse dans une formule qui te ramène un peu parmi nous tellement on te vois à travers ces quelques mots. C'est encore d'actualité ici dans un autre registre. Dire que je m'enferme dans le travail pour laisser le loisir à celle qui boit des cafés allongés de passer du temps avec sa copine serait un peu exagéré mais nous occupons un peu l'espace en attendant ton retour. Ce post est pour toi.
Hé oui.......je n'ai plus rien à rajouter tout à été si bien dit.........si ce n'est qu'il faut penser au retour si doux et si brusque aussi.....et ce dire que dans un 1 an tout sera que souvenirs........en attendant courage.......un tier et déjà passé.
Et oui on est un sacré nombre a avoir vécu ou vivre l'absence longue de nos amoureux de maris.
Courage!!
Très chouette ton post, en vérité, comme on aime...
tout est dit...
mon kaki est là en ce moment mais je pense fort chaque jour à tous mes amis séparés de la sorte
Il en va des bleu marine comme des kakis: ils s'en vont et s'en reviennent... Mais ce qu'il faut savoir c'est que ces papas qui s'en vont en guerre ou en mer ont une botte secrète: leurs épouses. (On nous plaint, on nous admire, c'est selon...) Ces épouses ils ne les ont pas choisies à la légère: elles ont du tempérament, du caractère. Une bonne dose d'indépendance aussi et plein d'amis attentionnés et présents. Ainsi donc nos militaires savent en partant qu'ils pourront se consacrer entièrement à leur mission, sachant qu'à la maison Maman gère. Ca n'ira pas sans coups de blues de part et d'autres ni sans quelques galères, bien sûr. (ainsi va la vie!) Mais la saveur des retrouvailles tient à cette confiance qu'ils nous font et que sentent bien nos enfants, qu'ils soient petits ou grands: nous serons à la hauteur...vous la première, Mère Gigogne! (que je me permets d'embrasser au passage avec tous ses nains)
Pleins de pensées pour vous, c'est tellement vrai ce que vous racontez!
Le mien, ça fait 3 mois qu'il est parti, encore au moins 2 mois à tenir...
Heureusement que nos loulous sont là!!!
oh Mère Gigogne,
tout ce que tu as écris, je l'ai vécu tant et tant de fois... Tout y est, tout absolument tout. Moi, je préférais les départs "en urgence", t'avais pas le temps de réaliser qu'il était parti, ça m'allait bien comme ça... Tu as raison, plus vite ils partent, plus vite ils rentreront... Tiens bon la barre MG, tenez bon le vent les p'tits nains :)
C'est tellement vrai, tout est dit ou presque,:
cohésion, entraide, amitiés, enfants, chagrin, joie...
On se découvre réellement pendant ces moments de longue séparation, on apprend à grandir,à s'aimer de loin mais à s'aimer encore plus fort.
Les moments vécus avec les enfants deviennent tellement intense, tellement magique, des moments de "papa-maman" rien qu'à nous, une équipe, une vraie, forte et dynamique, un bloc, un roc, mais également une béquille...
Le kaki souffre aussi, il part en laissant des bébés, il découvre des petits "d'hom" en rentrant.
Pour nous c'est terminé, le kaki quitte la belle institution, il range l'uniforme, les galons...
Mais je n'oublierai jamais ces moments qui font ce que je suis devenue aujourd'hui, je ne les regrette, je suis "presque" contente de les avoir vécus.
Merci pour tous ces mots qui reflètent tellement ce que nous vivons actuellement, même si son absence date "seulement" de quelques jours...pour nous le retour est prévu pour la dernière page du calendrier, les enfants réalisent peu à peu, et nous réapprenons à nous organiser, comme après chaque départ...
courage tout est dit ! ici pas d'opex prévue, mais ça tombe quelques fois sans prévenir!
un grand merci
Trés chère dame Gigogne
merci de nous faire partager toutes ces émotions que nous vivons périodiquement les unes et les autres; il est rentré d'afganistan en septembre , il repart au tchad début octobre , entre temps les manoeuvres et ma ptite dame il faut bien se préparer!!! sans oublier les portes ouvertes qui tombent le w-end de la profession de foi de n° 2, TOUT VA BIEN
grace à vous et votre blog ,on se dit que l'on n'est pas toute seule
Courage!!!!!
Un tiers déjà c'est ça qui est bien!
bonjour
j'aime beaucoup ton blog. Je te souhaite beaucoup de courage, je sais que tu en as.
Madame Gigogne,
j'envoie un lien vers ce post si émouvant à ma grande amie, maman de mon filleul, dont le mari part la semaine prochaine jusqu'en janvier...Ce départ lui a d'ailleurs donné l'envie, elle qui travaille et gère sa tribu de 4 en plus, d'ouvrir un blog. Ici, on a les pieds dans la terre, on n'en bougera plus jamais mais pour qu'elle reste à nous, on sait qu'il faut plein de grands en treillis pour que ça continue. Merci et bon courage.
Amitiés,
Emma
Coucou c'est moi
Je viens de découvrir ce post. Frédo, cachotière, ne m'avait rien dit...Après avoir bien ri avec la SNCF, cette fois c'était une autre émotion, je suis resté sans voix, comment décrire aussi bien ce que nous avons ressenti et vécu ?
On a bien réussi l'avant, le pendant prend le même chemin, il restera l'après et il viendra, c'est certain, il s'approche chaque jour.
Merci Dugesc pour ton ptit mot, j'crois bien que je t'ai reconnu !!!
Merci ma femme pour ce moment de bonheur, il est arrivé juste quand il le fallait.
Merci à tous ceux qui te soutiennent.
Cher PG
un salut amical et fraternel de M. Ciboulette, ancien du 1er RHP..
chers PG et MG
quelle émotion en lisant ce post juste avant de partir pour le pélé des mères de famille à Cotignac.
j'y ai bien prié pour vous les papas partis au loin sur terre ou sur mer, pour vous les mamans qui tenez la barre et pour les enfants qui se montrent eux aussi très courageux lors de ces séparations.
Père Gigogne, prenez soin de vous.
Mère Gigogne, haut les coeurs, chaque jour qui passe vous approche un peu plus de cet après.
Un grand merci, c'est tout à fait cela...
juste les mots qu'il faut.
4 fois en 4 ans... et la 4ème mission arrive à grands pas, un peu d'appréhension (???) alors que la préparation est déjà intense... un an d'absence en fait...
Merci pour ce beau témoignage. Le mien partira un jour, je le sais, mais c'est pas pour tout de suite, alors, je profite. Merci ça aide à vivre à fond. Belle allusion à Marie :-)
C'est malin, entre ce beau post (tes mots pourraient être les miens... mais je n'ai pas ta plume!) et les commentaires, j'ai les yeux qui piquent... Grand saut pour 6 mois aussi dans trois semaines tout juste, et un départ en isolé alors que mon mari était instructeur en école...
Bises...
Bravo,Courage et UDP !
UDP également.
Je crois que ces expériences forgent les caractères, et tissent des liens encore plus forts finalement. La séparation physique rend plus fort pour mieux se retrouver grandis après.
Je vis uen expérience différente , plus facile sans doute mais pas évidente: un mari présent uniquement le week end , enfin certains week end, déplacements oblige. Et ce pdt 15 mois...déjà trois...
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